La Journée mondiale sans tabac ? Une occasion manquée – et si on passait à l’action ?

Image 31 mai journee mondiale contre tabac

Chaque année, le 31 mai, la Journée mondiale sans tabac est l’occasion de rappeler les dangers du tabac. Pourtant, cette date symbolique ne suffit pas. Et si, au lieu d’une journée, la prévention et la culture d'habitudes saines devenaient une habitude annuelle ? Une priorité nationale ? Une révolution culturelle ? Car malgré les progrès de la médecine, la meilleure solution reste la prévention – et la Suisse, lanterne rouge en Europe, a tout à gagner à s’inspirer des modèles étrangers.

Alors que certains pays agissent avec fermeté – interdictions totales dans les lieux publics, hausse des prix, campagnes choc –, la Suisse reste à la traîne. Selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle figure parmi les derniers pays européens en matière de prévention du tabagisme chez les jeunes et de soutien aux fumeurs souhaitant arrêter.

Pourtant, les solutions existent : interdictions renforcées (le Royaume-Uni est sur le point de créer une génération sans tabac). Prix dissuasifs (en Australie, un paquet coûte jusqu’à 30 CHF, réduisant significativement la consommation). Campagnes choc (comme en France avec les paquets neutres et les avertissements sanitaires percutants).

Mais la clé ? Empêcher les jeunes de commencer. Car 80% des fumeurs adultes ont commencé avant 18 ans. En Suisse, un jeune sur cinq fume régulièrement – un chiffre qui stagne depuis des années. Il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Les vertus annoncées par les fabricants de tabac concernant les nouveaux produits du type vapotage en minimisant leur nocivité ne sont qu'un écran de fumée. Ces produits ont un "effet de porte d’entrée" reconnu et augmentent le risque de passer à un autre produit plus nocif

Le lien entre tabac et cancer est indéniable

Le tabagisme est le principal facteur de risque de cancer au niveau mondial, responsable de 15-21% de tous les cas de cancer et 21-29% des décès par cancer. En Suisse, il cause plus de 9 500 décès par an. L'excès de poids représente le deuxième facteur de risque le plus important, responsable de 7,6-10,2% des cas de cancer, suivi par l'alcool qui est responsable de 3,2-5,6% des cas de cancer. 

Pourtant, la prévention primaire – c’est-à-dire éviter que les gens ne commencent à fumer – reste la solution la plus efficace. Car une fois la dépendance installée, les traitements (patchs, thérapies, médicaments) ont une efficacité limitée demandant des ressources personnelles et mentales importantes.

Si on regarde les causes de ces principaux facteurs de cancers, ils sont principalement évitables en appliquant ce qu'on appelle le concept de la médecine du mode de vie (Lifestyle Medicine en anglais). Celle-ci est une approche médicale préventive et thérapeutique qui place les habitudes quotidiennes au cœur de la santé. Contrairement à la médecine conventionnelle, qui se concentre souvent sur le traitement des symptômes ou des maladies déjà installées, la Lifestyle Medicine vise à prévenir les maladies chroniques et à optimiser la santé globale en agissant sur les facteurs modifiables liés au mode de vie.

Des solutions existent pour ceux qui veulent sortir de l’addiction : 

  • Le « Mois sans tabac » : lancé pour la première fois en Suisse en novembre 2022. Sous forme de défi, celui-ci est une campagne nationale d'aide au sevrage.  https://mois-sans-tabac.ch/
  • Les groupes de parole et thérapies comportementales : le taux de réussite double quand on est soutenu (étude de l’OFSP). 
  • Les applications et outils numériques comme Smoke Free : sur IOS et Android 
  • Et bien sûr les programmes des ligues pulmonaires suisses comme la nôtre qui sont là pour vous aider avec des professionnels : Consultations tbac de la LPNE

Le tabac tue, chaque cigarette est une prise de risque inutile et diminue votre qualité de vie. Cette Journée mondiale sans tabac doit être le coup d’envoi d’une mobilisation durable. Pas seulement le 31 mai, mais tous les jours de l’année.

La Suisse a les moyens de devenir un leader en prévention et en habitudes saines de vie. À nous d’en faire une réalité. Arrêtons de nous faire enfumer par les fabricants et les lobbys et mettons notre santé en avant.