Prise en charge globale

Les traitements prescrits ont toujours pour but d’améliorer l’état de santé du patient. Cela étant, si ce dernier a du mal à les inclure dans son quotidien, les traitements peuvent parfois être perçus comme contraignants et être source de stress. Afin de potentialiser la compliance au traitement et l’amélioration de la santé et de la qualité de vie du patient, l’équipe interdisciplinaire de la LPNE tient compte des habitudes de vie de chaque patient pour proposer des solutions adaptées afin d’intégrer au mieux le nouveau traitement dans son quotidien.

Madame B.

Dans le cas de Mme B., patiente sous oxygénothérapie, un traitement par VNI était nécessaire durant la nuit et quelques heures dans la journée. Or, déplacer son appareil de la chambre au salon était pour Mme B. extrêmement difficile en raison de sa faiblesse musculaire et par conséquent une grande source d’angoisse. Toutefois, Mme B. ne souhaitait pas passer l’après-midi dans sa chambre pour utiliser sa VNI. Le physiothérapeute de la LPN qui la suit a alors évalué la situation et lui a proposé une solution technique : le prêt d’un chariot de transport. Désormais Mme B. réalise seule et sereinement le déplacement de l’appareil et peut se divertir devant la télévision tout utilisant sa VNI. Pour compléter la prise en charge, du réentrainement à l’effort au domicile a été mis en place, ainsi que des séances de méditation pleine conscience pour la gestion du stress et le sevrage tabagique. Par ailleurs, lors de son déménagement, Mme B. a bénéficié de soutien pour les démarches administratives grâce à l’assistante sociale de la LPN. Son projet est désormais de venir réaliser les séances de réentrainement dans nos locaux !

Madame C.

Suite à un cancer, Mme C., atteinte d’une BPCO, a fait une demande d’AI et a dû partiellement arrêter de travailler. Cette situation a provoqué un début de dépression. Le décès de sa fille en 2015 a aggravé cet état, et Mme C. a depuis de la peine à faire face aux tâches du quotidien, à ses obligations administratives, et à sortir de chez elle. Ses petits-enfants sont son plus grand moteur.

En avril 2016, un rapport médical de son pneumologue met en avant une mauvaise compliance thé- rapeutique, et surtout l’importance pour Mme C. de sortir d’une situation dépressive afin de se prendre en main. Ce rapport est adressé au service psychosocial de la LPNE. A ce moment, les assistantes sociales prennent contact avec Mme C. pour proposer de lui rendre visite, ce qu’elle accepte.

La première visite est un long moment d’échange sur les difficultés de Mme C., sa maladie, son humeur. En prenant le temps de lui expliquer le principe et le fonctionnement des rencontres animées, les assistantes sociales (AS) parviennent à lui donner envie de participer aux rencontres organisées à La Chaux-de-Fonds depuis le mois d’août et aux sorties du Club des Oxygénés, une fois par mois. Par ailleurs, Mme C. accepte de présenter aux AS sa situation financière difficile, afin de faire un bilan et d’obtenir d’éventuels conseils. Il apparait possible de faire une demande de prestations complémentaires (PC) auprès de l’AVS.

Etant donné les difficultés de Mme C. avec les contingences administratives, une AS de la LPNE prend alors rendez-vous et accompagne Mme C. à un entretien à l’agence AVS afin de parler de cette demande de PC. A cette occasion, Mme C. reçoit également le formulaire à remplir afin de recevoir l’AVS lors de ses 64 ans, quelques mois plus tard. L’AS retourne quelques semaines plus tard pour remplir ce formulaire, soutenir et prolonger l’effort de Mme C. vers une plus grande autonomie administrative. Pour l’occasion, Mme C. a fourni un grand effort de tri de ses papiers et de ménage et donne l’impression d’amorcer une prise en main.

En parallèle, Mme C. participe à ses premières rencontres animées au sein de la LPNE, et prend du plaisir à retrouver le groupe toutes les 2 semaines, aussi bien les autres patients que l’équipe d’animation socioculturelle. Mme C. connait encore des moments difficiles et de repli, mais l’équipe psychosociale la sollicite régulièrement. Un lien s’est désormais tissé, ce qui lui permet de s’investir petit à petit dans ces moments, et de se projeter un peu plus dans l’avenir. Elle commence aussi à participer avec un plaisir très manifeste aux sorties du Club des Oxygénés. Comme elle l’évoque elle-même, « c’est toujours difficile de me sortir, mais je sais que je serai tellement bien après que j’arrive à me motiver. Pendant ces sorties, j’oublie tous mes soucis. » En combinant une prise en charge administrative qui a permis de soulager la patiente d’une partie de ses inquiétudes et une intégration aux activités offertes par la LPNE, l’équipe psychosociale a réussi à amorcer un changement chez Mme C., et à la sortir du cercle vicieux de l’isolement dépressif.